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Titre
Selon l’école formaliste russe (Eichenbaum, Jakobson) le titre représente une des dominantes du texte car il nous renseigne sur sa composition, son sens, aide à comprendre son fonctionnement, son conflit principal et l’idée de l’auteur, la dominante thématique, compositionnelle, conceptuelle, émotionnelle, qui a une place vraiment à part . S’adressant directement au lecteur il est « l’abréviation du sens » et montre la position de l’auteur. C’est « la porte d’entrée » du livre et la clef de sa compréhension en même temps. Le titre donne le thème, trace l’intrigue, le conflit principal, le leitmotiv, il organise le texte et montre son mode de fonctionnement. Son vrai sens s’ouvre progressivement le long du texte, sa sémantique s’enrichit. Le titre est la première interprétation du texte, proposé par l’auteur qui a pour but de créer un lien avec le futur lecteur, déclencher en lui une émotion, un intérêt, un jugement. C’est par le titre que l’auteur peut, d’entrée, donner son sentiment, son jugement des situations décrites, des événements, etc., le titre nomme l’événement principal, le problématise et amorce l’avis de l’auteur.
Iegor Gran avoue : « le titre m’a beaucoup desservi, on peut lui imputer une grande partie de mauvaises ventes car il est assez violent et suscite souvent le dégoût, les gens ne viennent pas vers ce livre. Il y a différentes strates de réflexion : j’écris un livre pour les gens qui vont apprendre quelque chose, qui veulent de l’action et du fond et qui veulent que ça soit inédit ; mais le côté commercial est très important pour attirer un public plus large. « Acné Festival » sonne bien, ce qui m'a plu c’est la faute de grammaire qu’on ne sent pas au début, le mot festival m’a séduit : c’est le festival de tout ce qui va arriver dans le livre.
Le nom peut être choisi d’emblée ou on peut passer par de nombreuses suppositions ; dans ce cas c’était assez rapide, il y a eu le « nom de travail » « Le livre Guinness de records » mais cela n’a rien à voir et en plus, c’est du parasitage. »
Regardons-le de plus près. Le mot « acné », qui fait partie du titre se répète maintes fois dans le texte en se métamorphosant, comme nous avons pu le voir.
Le titre unit le fond et la forme, il annonce « la couleur » de l’écriture – moqueuse et satirique – à travers l’oxymore, il donne le style d’écriture, avec des jeux de mots incessants et la folie du sujet. L’oxymoron est illogique et définit une opposition, une tension qui vont se développer par la suite aussi bien dans la forme que dans le fond : les sauts de style et le mouvement principal – la déchéance du héros et la transfiguration de l’acné. On aurait pu penser qu’il s’agit d’un roman sur l’adolescence mais les premières lignes recadrent tout de suite la perception. Essayons de le déchiffrer.
Acné
Dermatose due à une inflammation des follicules pilo-sébacés, caractérisée par
des boutons (comédons, papules, nodules, pustules), siégeant principalement sur le visage.

Акне (acne, угревая сыпь, угри, прыщи) Заболевание сальных желез в результате закупоривания сально-волосяных протоков.
Au premier coup d’œil, les définitions se ressemblent, mais en français, son usage est beaucoup plus fréquent, tandis qu’en russe il est réservé presque exclusivement à la sphère médicale, c’est un terme et pas un mot commun. Une autre différence – une connotation « adolescence » est plus prononcée en français qu’en russe.
Festival
1) Série périodique de manifestations artistiques appartenant à un genre donné et qui se tient habituellement dans un lieu précis : Festival international de danse. Festival de Bayreuth.
Série de représentations consacrées à un art, à un artiste : Festival du film japonais
2) Ensemble riche, brillant, admirable témoignant du talent de quelqu'un : Un festival de bons mots
Synonymes : célébration, foire, manifestation, festivité, gala
(par extension) colloque, congrès, foire, séminaire, symposium ; déduction, démonstration, feu d'artifice
Фестиваль
(от латин. festivum - празднество).
1) Периодическое культурное празднество, показ, смотр лучших достижений искусства (театрального, музыкального и т. п.) , участники которого выделяются специальными жюри в результате предварительных отборочных просмотров. Театральный фестиваль.
2) Шумное, веселое празднество, пир (шутл.).
Синонимы : встреча, толпа, пир, празднество, смотр, показ, карнавал
Si les premiers sens sont assez semblables, les deuxièmes sont loin de l’être. Il est donc impossible de traduire le titre littéralement vu la non-correspondance des deux mots qui le composent. Le titre est formé de deux substantifs – peu communs dans la langue française ; une difficulté de plus est la consonance anglaise du titre. En « bon français » il aurait fallu dire « La festival de l’acné », mais cela n’entrait aucunement dans l’idée de l’auteur. Les synonymes multiples et les maintes variantes ont été essayés :
Прыщавый. Прыщи напоказ. Прыщавая вывеска. Ура, прыщи. Смотрите, прыщи. Налетай, прыщи. Ого, прыщавый! Выступление прыщей. Прыщи – на сцену. Произведение искусства. Шедевр – прыщи. Шедевральные прыщи. Фейерверк прыща. Прыщ-фейерверк. Слава прыщу. Праздник прыща.


Les mots thématiquement correspondants ont été étudiés pour transmettre la vision de l’auteur :
акне воспаление фурункул абсцесс карбункул гнойник чирей нарыв угорь /// выставка выставлять триумф торжество гулянка гульба оргия кутеж разгул пир бал пиршество маскарад празднование празднество гимн апофеоз дифирамб хвала лавры


La tentative de rendre le côté anglais du titre a été résolu par les variantes telles que :
Прыщ-festival. Прыщ-fest. Прыщ-party. Прыщ-melody. Прыщ-пиар.
Прыщ- publicity ainsi que touch / vogue / mode / style / buzz

La traduction du titre a était revue plusieurs fois au cours du travail. Il y a eu une tentation d’écourter le titre jusqu’à « Прыщ » à l’instar de Нос Гоголя ou Клоп Маяковского, car plus le titre est concis, plus il est dynamique, sa charge sémantique est plus grande et elle s’élargit encore au fur et à la mesure de l’avancement de l’histoire. L’expressivité produit un choc et peut intéresser un lecteur averti qui ne sera pas froissé mais plutôt captivé. Mais le mot прыщ est beaucoup plus dur que l’acné, selon l’auteur « cela fait penser presque à un drame social ». La rupture créée grâce à l’oxymore se perd car dans l’assemblage des mots Acné et Festival il y a une actualisation du côté carnavalesque d'une foire, où l’on montre des monstres difformes. De plus, le titre initial lie le concret (il fait appel à la situation en fin du livre) et le général (les « maladies » de l’art contemporain – sa « commercialité », sa subjectivité, son côté scandaleux, sa surenchère.)
Finalement le titre Прыщ-Art a été adopté. Il est court, dynamique, sonnant, extrêmement polysémique, garde la consonance anglaise, très bien lié au texte, présente le même type de rupture basé sur un oxymoron, son vrai sens ne peut se comprendre qu’après avoir lu le texte et il organise sa perception dès le début en créant une attente.
Par contre, comme dans la traduction de Шинель de Gogol par Manteau on perd le côté féminin mais dans le texte l’auteur emploie aussi le pluriel « boutons » ou la métaphore « Trinité » :
Trois boutons dans la force de l’âge (p. 77)

Le picotement me rassurait, j’avais toujours La Trinité sur la figure (p. 105)

Le plus gros des trois boutons avait séché […] quand à ses deux compères on les voyait épuisés, enfoncés jusqu’aux épaules dans le derme. […] Vous faites pas la bile, je leur chuchotais […] je ne suis pas du genre à lâcher les compagnons âgés. (p. 138)


La fonction prédicative du titre est conservée : de thème il évolue en rhème du texte et le résume. Le « show » que devient l’art en époque de postmoderne, son côté artificiel et exhibitionniste, trouve son départ dans le titre Прыщ-Art comme dans l’Acné Festival. Le titre reste une provocation. Au travers du prisme du titre en russe, la même vision se forme sur le contenu du livre, il sauvegarde l’idée, l’esprit de l’auteur.

Lexique obscène et non conventionnel
Selon Larousse, le juron est une « Expression grossière traduisant sous forme d'interjection une réaction vive de dégoût ou de colère. Dans la religion chrétienne, parole offensante pour Dieu ou pour quelque chose de sacré pris, mal à propos, à témoin . » Un terme ou une brève expression plus ou moins grossière, le juron fait partie intégrante du langage parlé et comme tel entre pleinement dans la littérature contemporaine. Les jurons donnent une intensité particulière à un discours, ils traduisent la colère, l’indignation, la surprise ou juste une émotion forte, même la joie.
Comme les expressions de la culture orale et l’argot les jurons peuvent être rarement traduis directement. La première difficulté de la traduction vient du fait que des jurons et des « gros mots » qui sonnent de façon presque inoffensive en français deviennent extrêmement vulgaires, « sur-traduits » en russe.
Iouri Lotman l’explique ainsi : « L’étude des jurons russes comporte des difficultés spécifiques, à commencer par le tabou sur le sujet. […] Les mêmes tabous s’étendent à une série de mots sémantiquement liés au vocabulaire obscène […]. Le russe est spécifique en ce domaine par rapport aux langues de l’Europe occidentale où cette partie du lexique n’est pas taboue.
Le tabou sur les mots obscènes et le lexique proche n’est nullement contredit par l’usage intensif de ce genre d’expressions dans le cadre de l’anticonduite qui présuppose une transgression des interdits culturels. »
Selon Lotman les jurons ont été largement utilisés dans les rites païens concernant la fertilité, voilà pourquoi ils sont doublement frappés par l’ostracisme : d’un côté considérés comme portant atteinte à la propre mère de celui qui jure et à la Terre-Mère assimilée à la Mère de Dieu, ils sont donc blasphématoires ; d’un autre côté, comme des « mots du diable » par l’Eglise chrétienne russe.
Une autre difficulté relève des particularités nationales des jurons. Comme l’explique V. Mokienko dans son article «Русская бранная лексика: цензурное и нецензурное », les systèmes lexiques des mots obscènes du russe, serbe, croate, bulgare appartiennent à « Sexe-culture » : les mots les plus fréquents et les plus populaires ont une connotation sexuelle, tandis que le français avec le tchèque, l’allemand, l’anglais sont du type anal-excrémentiel, appartiennent à la « Scheiss-culture » et ont une connotation physiologique.
Parfois le lexique non conventionnel qui concerne les parties « honteuses » du corps, leurs fonctions et tout le domaine de la scatologie, peut être traduit tel quel, dans d’autres cas il demande un changement :
Comme si je n’avais pas vécu, quarante ans de travail s’envoleront dans un pet. (p. 6)
Les musées c’est un progrès à chier la tour de Pise (p. 13)

Merde! Je me dis, merde et chiée
(p. 78)

Quand l’art apparait, il est clairement désigné comme tel, pas besoin de comité, aux chiottes l’homologation… (p. 134)
Сорок лет работы, а словно и не было меня, прожил – как пёрнул.

Музеи – это обосраться выше Пизанской башни, во какой прогресс

Чёрт! – ругаюсь про себя, - чёрт и дерьмо!

Когда искусство является, оно явно означено как таковое, никакой комитет не нужен, в задницу сертификацию…


Les jurons utilisés dans ce cadre sont généralement interchangeables et vidés de leur sens, la situation étant sans rapport avec le sens originel du juron utilisé.
Pour le vocabulaire grossier qu’utilise le domaine de la sexualité (des organes, des actes, un autre non-dit en relation (putain, bordel), il est souvent plus approprié de trouver un mot de remplacement :
- En plus de vide-couilles, fit pensivement Zippo. (p. 25)

C’est encore Zippo qui est le plus fort, il fait des mouvements on dirait une machine à baiser. (p. 64)
- И трахается небось классно...– задумчиво изрёк Зиппо.

Тут опять Зиппо вне конкуренции, ничего не скажешь, такие финты выделывает, настоящая секс-машина.


les euphémismes et l’argot le demandent aussi la plupart de temps :
Ni Zippo ni Milk-shake ne perçoivent la nature féminine comme une énigme, ils draguent pour soulager les jumelles. (p. 11)

La poubelle m’affole à me donner des chaleurs, grave il faut que je me frotte […] l’engin dans le poignet, le regard planté dans la cour en contrebas, je m’imagine en train d’usiner Chanel (p. 92)
Ни Зиппо ни Милк-шейк не воспринимают Женщину как загадку какую, просто снимают тёлок, только чтобы бейцы облегчить.

Меня бросает в жар от мусорных баков, они сводят меня с ума, приходится наяривать вовсю […] инструмент в кулаке, взгляд устремлен во двор, в воображении я напяливаю Шанель

Les injures à consonance raciste (même quand elles ont perdu leur sens premier à force d’usage) demandent aussi être clarifiées ou changées :
- Ta gueule lait mélangé, grogna Zippo (p. 40)

- Putain, c’est quand même fort, j’ai travaillé toute la journée à réviser les sinus et cosinus enculés de leur race… (p. 74)

- Заткнись, полукровка сраная, - проворчал Зиппо.

- Ни в какие рамки не лезет, бля, я пашу весь день, готовлю эти грёбаные синусы и косинусы…
Le but premier était d’attraper la manière de l’auteur, son rythme ; ne pas niveler le lexique pour éviter l’appauvrissement stylistique du texte ni de tomber trop souvent dans la vulgarité.



Автор перевода: Дульез Наталья Викторовна
Дата: 2014-09-27
Визитная карточка: Переводчик во Франции, Париж

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